Visiter l’Ombrie en 7 jours : Itinéraire, étapes et budget
Sept jours entre trois villes qui se répondent : Pérouse et sa forteresse enterrée, Assise et sa basilique relevée de ses ruines, Orvieto et sa cathédrale posée sur un piton de tuf. Avec, sur la route, la course la plus ancienne d'Italie et des ermitages forestiers.
Visiter l'Ombrie en 7 jours demande de la méthode. La région s'articule autour d'un triangle resserré où Pérouse, Assise et Orvieto se rejoignent en moins de deux heures de route.
L'ombrie en 7 jours - L'itinéraire en bref, jour par jour
- 1Gubbio · PérouseLa Corsa dei Ceri et la Rocca Paolina
- 2PérouseLa ville souterraine ensevelie sous les Baglioni
- 3AssiseLa Basilique et les fresques de Giotto
- 4Assise · Mont SubasioLa Rocca Maggiore et l'ermitage des Carceri
- 5Spoleto · OrvietoLe Ponte delle Torri et la route du lac de Corbara
- 6OrvietoLe puits de Saint Patrick et la ville souterraine
- 7Civita di BagnoregioLa ville qui meurt avant le retour à Rome
Jour 1 · Gubbio · Pérouse — Visiter Gubbio en 1 jour, le point de départ

© trolvag / Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0
L'aéroport de Florence Peretola est la porte d'entrée la plus logique au nord. Comparez les offres de location en visant une couverture bris de glace et bas de caisse : les routes secondaires ombriennes multiplient les nids-de-poule. Prenez l'A1 vers le sud, sortez à Arezzo, puis engagez-vous sur la SR73 et la SS219 jusqu'à Gubbio, 2h15 de route. Stationnez au parking du Teatro Romano, en contrebas, pour éviter la ZTL du centre.
Avant de monter vers le centre, arrêtez-vous via della Repubblica pour une crescia, le pain plat local, plus épais et friable que la piadina romagnole. Demandez-la farcie de prosciutto cru et de pecorino fondu : comptez 5 à 7 € le sandwich tiède, mangé debout sur le trottoir.
Des ascenseurs publics gratuits percent la roche et montent directement du parking vers le centre historique et la Piazza Grande. Cette place repose sur d'immenses voûtes de soutènement en briques du XIVe siècle, construites pour créer un espace plat sur une pente abrupte. D'un côté, le vide sur la vallée. De l'autre, la façade crénelée du Palazzo dei Consoli.
Le palais abrite le musée municipal (7 €). Sa pièce maîtresse : les Tavole Eugubine, sept tables de bronze découvertes en 1444, longues d'un demi-mètre chacune, qui détaillent les rituels sacrificiels des prêtres locaux avant l'arrivée des Romains.
Si vous passez le 15 mai, la ville est bloquée par la Corsa dei Ceri : trois équipes portent des cierges de bois de 400 kilos au pas de course jusqu'à la basilique au sommet du mont. Le reste de l'année, les ruelles retrouvent un silence lourd.
Comptez 40 minutes via la SS3 pour rejoindre Pérouse en fin de journée. Les parkings souterrains de la Piazza Partigiani permettent de laisser la voiture hors les murs (17 € les 24h), avant que des escalators ne montent vers le centre piéton.
- 14:00Arrivée à GubbioDéjeuner sur le pouce (crescia) et parking Teatro Romano
- 14:30Ascenseurs publicsMontée vers la Piazza Grande
- 15:30Palazzo dei ConsoliTavole Eugubine, entrée 7 €
- 18:00Route vers PérouseEnviron 40 km via la SS3
Jour 2 · Pérouse — Visiter Pérouse en 1 jour, de la forteresse au musée

© Elekes Andor / Wikimedia Commons — CC BY 4.0
La journée commence sous terre, dans la Rocca Paolina. Ce n'est pas un monument qu'on regarde de loin : c'est un quartier médiéval entier que l'on traverse par l'intérieur, plongé dans la pénombre sous des voûtes de briques massives qui sentent l'humidité froide.
En 1540, après la « guerre du sel » perdue par les Pérugins contre les impôts papaux, le pape Paul III fait raser les maisons de la famille rebelle Baglioni. Son architecte Antonio da Sangallo le Jeune construit la forteresse directement sur les ruines. Des escaliers mécaniques d'acier percent aujourd'hui la roche et servent de raccourci quotidien aux habitants.
En ressortant à l'air libre, la Piazza IV Novembre aveugle sous le soleil. Au centre, la Fontana Maggiore, conçue en 1277 : ses 50 bas-reliefs taillés par Nicola et Giovanni Pisano fonctionnent comme un calendrier agricole de pierre, de la récolte du blé à la taille des vignes en passant par la glandée des porcs.
Pour déjeuner, cherchez un Testone, chaîne locale fiable pour la torta al testo. Ce pain rond et plat, sans levain, cuit sur un disque de fonte posé sur le feu. Commandez-le farci d'herbes amères et de saucisse grillée : comptez 10 à 15 € le repas complet, boisson incluse.
Le Corso Vannucci résonne du bruit des étudiants. À l'intérieur du Palazzo dei Priori, la Galleria Nazionale dell'Umbria (10 €) offre un sas thermique immédiat, refroidi par des murs de pierre de deux mètres d'épaisseur. On y vient pour les retables de Pietro Vannucci, dit le Pérugin.
Vers 15h30, une pause s'impose au comptoir du Caffè Sandri, s'il est ouvert, ou à la Pasticceria Medioevo. Un peu plus haut, l'Arco Etrusco remonte au IIIe siècle avant notre ère : des blocs de travertin cyclopéens posés sans mortier.
Réservez à l'Osteria a Priori, via dei Priori 39. Le pain servi ici, le pane sciapo, est préparé sans sel : la tradition remonte précisément à la rébellion contre la taxe du pape Paul III. Le soir, le Corso Vannucci se remplit pour la passeggiata, et les boutiques vendent les Baci Perugina, petits dômes de chocolat noir fourrés à la noisette.
- 09:30Rocca PaolinaTraversée souterraine
- 11:00Piazza IV NovembreBas-reliefs de la Fontana Maggiore
- 12:30TestoneDéjeuner torta al testo
- 14:00Galleria Nazionale dell'UmbriaEntrée 10 €
- 15:30Pause espressoCaffè Sandri ou Pasticceria Medioevo
- 16:30Arco EtruscoEt Pozzo Etrusco
- 19:30Osteria a PrioriDîner, via dei Priori 39
Jour 3 · Assise — Visiter Assise en 1 jour, de la Basilique au forum romain

© Luca Aless / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0
Assise est à 25 minutes de route de Pérouse via la voie rapide SS75. Garez-vous au parking Mojano (environ 15 € la journée), relié au centre historique par une série d'escalators.
L'arrivée sur les pelouses vertes frappe d'abord : elles contrastent avec la pierre blanche de la Basilique de San Francesco, qui semble flotter sur la colline avant même d'y entrer. Le complexe se divise en deux églises superposées, construites à flanc de pente.
La Basilique Inférieure impose le silence : voûtes basses, pénombre épaisse, air qui sent la cire froide autour du tombeau de Saint François. La Basilique Supérieure provoque l'effet inverse, inondée de lumière par de hautes baies vitrées.
Elle déploie sur ses murs les 28 panneaux peints par Giotto racontant la vie du saint. C'est ici que la voûte s'est partiellement effondrée lors du séisme de septembre 1997 : les restaurateurs ont passé des années à trier 300 000 fragments de fresques dans les gravats pour reconstituer l'œuvre, laissant d'inévitables cicatrices blanches sur le plafond.
L'accès à la basilique est gratuit, c'est un lieu de culte actif. Pour décrypter la révolution artistique amorcée par Giotto sans marcher à l'aveugle au milieu des groupes, une visite guidée réservée en amont structure l'observation.
Visite guidée d'une heure de la Basilique supérieure et inférieure, incluant le décryptage du cycle de fresques de Giotto et l'accès au tombeau de Saint François. Guide en italien, casque audio fourni. Comptez environ 30 €.
La montée dans les ruelles vers la Piazza San Rufino creuse l'appétit. Visez la Trattoria Pallotta, vicolo della Volta Pinta 3. Commandez les strangozzi, ces pâtes épaisses de section carrée et préparées sans œufs, qui agrippent la sauce aux champignons sauvages ou la truffe noire d'été. Comptez 25 € le repas.
En redescendant vers la Piazza del Comune, le Tempio di Minerva dresse ses six colonnes corinthiennes cannelées depuis le Ier siècle avant notre ère. Le contraste est frontal : des chapiteaux antiques enserrés entre des palais communaux de briques rouges. Derrière la façade romaine se cache une église baroque surchargée d'or.
Juste à côté, une entrée discrète mène au forum romain souterrain (5 €). Le sol pavé original de la place se trouve cinq mètres sous le niveau actuel de la ville, intact et humide. Un billet combiné à 10 € donne aussi accès à la Rocca Maggiore (prévue le lendemain) et à la Pinacoteca Comunale, valable 7 jours : moins cher que payer les deux entrées séparément (5 € + 8 €).
- 09:00Route Pérouse → AssiseParking Mojano
- 09:30Basilique de San FrancescoSupérieure et Inférieure, entrée gratuite
- 13:00Trattoria PallottaDéjeuner strangozzi
- 14:30Piazza del ComuneTempio di Minerva
- 15:00Forum romain souterrainEntrée 5 €
- 17:30Basilique Sainte-ClaireAu soleil couchant
Jour 4 · Assise · Mont Subasio — Autour d'Assise, la forteresse et les ermitages

© Berthold Werner / Wikimedia Commons — Domaine public
La ville d'Assise s'étend sur une pente sévère, et son point culminant est la Rocca Maggiore. Entamez la montée à pied tôt le matin, avant que la chaleur de midi ne frappe les ruelles de pierre blanche. Cette forteresse austère a été reconstruite au XIVe siècle par le cardinal espagnol Egidio Albornoz, envoyé par le pape d'Avignon pour verrouiller les territoires pontificaux rebelles.
L'ascension des remparts coûte 8 € et livre un panorama militaire implacable : la vue porte jusqu'à Pérouse, à 20 kilomètres, englobant la totalité de la vallée pour surveiller le moindre mouvement de troupes. Si vous avez pris le billet combiné la veille au forum romain, l'entrée ici est déjà réglée.
En redescendant vers le centre, un arrêt s'impose dans une salumeria de la via San Rufino pour composer le déjeuner : deux panini garnis de capocollo, échine de porc séchée, et de caciotta, le fromage de brebis local doux.
Prenez la voiture pour grimper en lacets dans les bois du mont Subasio. En 20 minutes, on atteint l'Eremo delle Carceri, l'ermitage des prisons, perché à près de 800 mètres d'altitude. Accès gratuit.
C'est ici, au milieu d'une forêt dense de chênes verts, que Saint François et ses premiers compagnons venaient s'isoler. Le lieu est brut : de petites chapelles s'encastrent dans la roche grise et des grottes naturelles servent encore de refuge. Le contraste avec l'affluence de la grande basilique en contrebas est net.
Les sentiers rocailleux qui partent de l'ermitage permettent de marcher deux heures sous un couvert végétal épais, rythmé uniquement par le son des cigales, sans croiser de groupes touristiques. Pique-niquez sur des pierres plates en surplomb de la vallée.
Retournez à Assise en fin d'après-midi : le flot des visiteurs venus à la journée reflue vers les parkings de bus, et les ruelles hautes retrouvent leur rythme de village. Trouvez une table dans une enoteca proche de la cathédrale San Rufino, avec un verre de Sagrantino di Montefalco, vin rouge très tannique qui s'accorde aux viandes grillées.
- 09:30Rocca MaggioreAscension des remparts, 8 €
- 12:30ProvisionsSalumeria via San Rufino
- 14:30Eremo delle CarceriChapelles et marche en forêt
- 17:00Retour au centre d'AssiseRythme retrouvé du village
- 19:30DînerDégustation de Sagrantino
Montez aux ruines de la Rocca Maggiore vers 8h, avant l'ouverture de la basilique de San Francesco. L'air est frais à cette heure et le soleil éclaire la pierre rose des façades. C'est le seul créneau de la journée où les ruelles entre la Piazza del Comune et la forteresse sont vides de groupes.
Jour 5 · Spoleto · Orvieto — Spoleto, l'aqueduc et la route du lac de Corbara

© Geobia / Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0
Quittez Assise vers le sud via la SS3. En 45 minutes, vous atteignez Spoleto. Garez-vous au parking souterrain Spoletosfera : un réseau de tapis roulants creusé dans la roche monte directement des parkings périphériques jusqu'au sommet de la colline.
La sortie des tapis roulants débouche sur la Rocca Albornoziana, la sœur jumelle de la forteresse d'Assise, commanditée par le même cardinal bâtisseur. Elle domine la vallée, mais c'est l'ouvrage d'art qui la jouxte qui justifie l'arrêt : le Ponte delle Torri.
Cet aqueduc de 230 mètres de long est posé sur dix arches massives de pierre calcaire. Il franchit la gorge boisée du Tessino à 80 mètres de hauteur. Le sentier qui permettait de le traverser à pied est fermé pour travaux de consolidation depuis le dernier séisme : l'observation se fait donc depuis le belvédère de la forteresse, ce qui permet d'appréhender ses dimensions.
Redescendez vers le Duomo, bâti au fond d'une place en pente douce. À l'intérieur, l'abside est recouverte par les fresques de Filippo Lippi représentant le Couronnement de la Vierge (1467-1469) : bleus lapis-lazuli et ors dans la pénombre de l'autel. Installez-vous ensuite à l'Tempio del Gusto, via Arco di Druso, ou dans une osteria voisine, pour goûter le maialino, porcelet rôti au four avec sa peau croustillante.
Comptez 1h30 via la SS448 jusqu'à Orvieto. La route longe le lac de retenue de Corbara et le cours du Tibre. À mi-chemin, un détour de 40 minutes aller-retour mène au Castello di Titignano : les derniers kilomètres se font sur une strada bianca, un chemin empierré blanc.
Depuis la cour de graviers du domaine viticole isolé, la terrasse offre un panorama plongeant sur la vallée du Tibre : le cadre pour commander un verre de Salviano blanc sec avant de repartir.
L'arrivée à Orvieto en fin de journée permet de voir la ville s'illuminer sur son piton de tuf volcanique ocre. Le parking Foro Boario, au pied de la falaise, est le plus accessible : des funiculaires en partent toutes les 10 minutes vers le sommet.
- 09:00Route vers Spoleto
- 10:00Tapis roulantsVers la Rocca Albornoziana
- 11:00Ponte delle TorriObservation depuis le belvédère
- 12:00Duomo de SpoletoFresques de Filippo Lippi
- 13:00Déjeuner à Spoleto
- 15:00Route vers OrvietoVia le lac de Corbara (~85 km), détour Castello di Titignano
Jour 6 · Orvieto — Visiter Orvieto, le Duomo et la ville souterraine

© Maurizio Ceol / Wikimedia Commons — CC BY 3.0
Dès 9h30, l'ouverture du Duomo impose le silence. La façade de cette cathédrale est un écran plat recouvert de mosaïques dorées qui renvoient violemment le soleil du matin. L'entrée (8 €) donne accès à la Cappella di San Brizio, au Museo Emilio Greco et aux sotterranei du Duomo.
À l'intérieur, Luca Signorelli a peint le Jugement Dernier entre 1499 et 1504. L'effet est physique : les démons sont verts, les corps sont d'une musculature tendue, étranglant les damnés. La violence des scènes a directement influencé Michel-Ange pour la chapelle Sixtine, peinte quelques années plus tard à Rome.
Vers midi, les tables de la Trattoria La Palomba, via Cipriano Manente 16, se remplissent vite : mieux vaut avoir réservé la veille. Commandez les umbricelli, ces grosses pâtes très épaisses faites à l'eau et à la farine, enrobées d'une sauce longue cuisson au sanglier ou saupoudrées de copeaux de truffe fraîche. Comptez 25 à 30 € pour un repas copieux.
Dirigez-vous ensuite vers le Pozzo di San Patrizio. En 1527, fuyant le sac de Rome, le pape Clément VII se réfugie à Orvieto et, craignant un long siège, demande à l'architecte Antonio da Sangallo le Jeune, celui-là même qui a enterré la Rocca Paolina de Pérouse, de creuser un puits.
Le résultat s'enfonce à 53 mètres dans le tuf volcanique. L'ingénierie repose sur un double escalier en spirale de 248 marches : les ânes qui descendaient l'eau ne croisaient jamais ceux qui remontaient. La descente (6 €) change l'air en quelques marches : la température chute de dix degrés en quelques minutes, l'humidité suinte sur la paroi jaune, et de larges fenêtres cintrées ouvrent sur le vide central où la lumière du jour plonge en un faisceau vertical.
Le sous-sol de la ville est percé de 1 200 grottes. Pendant des siècles, les habitants ont creusé le tuf sous leurs maisons. Le site le plus accessible pour les visiter est le Pozzo della Cava, un puits étrusque et son réseau de neuf grottes, avec colombiers médiévaux et pressoirs à olives abandonnés dans les caves voûtées.
Billet d'entrée pour ce puits étrusque et ses neuf grottes creusées sous le quartier médiéval de la Cava, avec audioguide disponible en français. Vestiges étrusques, médiévaux et Renaissance sur près de 28 siècles d'histoire. Comptez environ 5 €.
La journée s'achève dans l'une des enoteche du centre pour déguster l'Orvieto Classico, vin blanc sec et légèrement minéral, produit à partir de cépages grechetto et procanico, stocké dans ces mêmes caves troglodytes.
- 09:30Duomo d'OrvietoCappella di San Brizio, 8 €
- 12:30Trattoria La PalombaDéjeuner umbricelli
- 14:00Pozzo di San PatrizioDescente, 6 €
- 15:30Pozzo della CavaVisite du puits étrusque, 5 €
- 18:30Dégustation d'Orvieto ClassicoDans une cave troglodyte
Jour 7 · Civita di Bagnoregio — Civita di Bagnoregio et la route vers Rome

© Luca Aless / Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0
Quittez Orvieto vers 8h45. L'endroit sature vite : il faut arriver au parking payant de Bagnoregio avant 9h30 (comptez 2 € de l'heure). Si le parking principal au pied du belvédère est complet, rabattez-vous sur le parking d'échange de la Piazzale Battaglini, qui impose de prendre une navette de liaison.
De là, on rejoint le belvédère à pied. La géologie locale est brutale : la vieille ville étrusque puis médiévale est perchée sur un piton de tuf friable posé sur une base d'argile qui s'érode à chaque forte pluie. Le vide gagne du terrain, on l'appelle la « città che muore », la ville qui meurt.
L'accès au village coûte 5 €. Il se fait à pied, par une passerelle de béton longue de 300 mètres, suspendue au-dessus du vide et des calanques grises. Le vent y souffle souvent fort, et la rampe finale est raide.
En haut, le village compte moins d'une douzaine d'habitants à l'année, rejoints par une importante colonie de chats qui dorment sur les murets chauffés à blanc. Les maisons de pierre s'agrippent au bord du précipice. Marchez jusqu'à l'église San Donato, sur la place principale, posée sur d'anciennes colonnes romaines.
La faim arrive vite avant de reprendre la passerelle en sens inverse. Arrêtez-vous à l'Osteria al Forno di Agnese, via Santa Maria del Cassero, une adresse ouverte depuis 1968 avec une salle en tuf et une terrasse ombragée, dans le village de Civita lui-même. Commandez un dernier plat de pâtes aux cèpes locaux, environ 15 €, ou une bruschetta à l'huile nouvelle, fortement aillée.
Reprenez la voiture vers 14h00. L'autoroute A1 redescend en ligne droite vers Rome Fiumicino. Prévoyez environ 15 € de péage et un plein de carburant avant la restitution du véhicule vers 15h30.
- 08:45Départ d'Orvieto
- 09:30Stationnement à BagnoregioMarche vers le belvédère
- 10:30Civita di BagnoregioTraversée de la passerelle, 5 €
- 12:30Osteria al Forno di AgneseDéjeuner
- 14:00Route vers Rome FiumicinoVia l'A1
- 15:30Restitution de la voiture
Les 350 € de location de voiture sont une estimation pour un trajet aller simple Florence → Rome sur 7 jours : les frais de dépose en agence différente varient fortement selon la période et le loueur. Comparez plusieurs offres avant de réserver.
Ce qu'on retient de l'Ombrie
L'Ombrie ne se livre pas au premier regard. C'est une région terrienne, marquée par des siècles d'architecture militaire papale et par une géologie qui s'effondre par endroits. Contrairement à la côte amalfitaine ou à la Toscane voisine, elle demande un effort : monter à pied vers des forteresses, descendre des centaines de marches dans des puits froids, mâcher des pâtes épaisses sans œufs et manger du pain sans sel.
Ce road-trip suit ce même fil depuis le tuf creusé d'Orvieto jusqu'aux denses forêts de chênes verts du mont Subasio : une région qui a toujours répondu aux crises en creusant sa propre roche plutôt qu'en fuyant.
Préparer cet itinéraire
L'Ombrie ne possède pas d'aéroport international fiable : celui de Pérouse existe, mais ses liaisons sont trop sporadiques pour organiser un séjour fixe. Atterrir à Florence Peretola au nord, ou à Rome Fiumicino au sud, reste la solution la plus fiable, avec 1h30 à 2h15 de route jusqu'à la première étape.
- Voiture de location réservée à l'avance : les trains relient bien Spoleto et Orvieto, mais Gubbio n'a pas de gare et la montée vers les ermitages d'Assise nécessite un moteur.
- Assurance bris de glace et bas de caisse : les routes secondaires agricoles ombriennes présentent des nids-de-poule fréquents.
- Vigilance ZTL dans les centres historiques : stationner avant les panneaux blancs cerclés de rouge, l'amende de 80 à 100 € arrive chez le loueur des semaines plus tard.
- Une fenêtre d'avril à juin, ou septembre : la région n'a pas d'accès à la mer, et juillet-août dépassent souvent les 35°C.
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Chaque 15 mai depuis huit siècles, trois statues de saints montées sur des fûts de bois traversent Gubbio en courant…
Lire la suite →Une petite ville ombrienne le reste de l'année, l'un des festivals les plus prestigieux d'Europe fin juin. Et un pont…
Lire la suite →Questions fréquentes
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