Ancône
La ville aux deux soleils
Bâtie sur un promontoire en forme de coude, Ancône voit le soleil se lever et se coucher sur l'Adriatique. Une étape portuaire brute avant de rejoindre la Riviera del Conero.
Ancône ne triche pas sur sa nature. C'est un port de commerce, un point de départ des ferrys vers la Croatie et la Grèce, un centre industriel. Oubliez la pierre lisse d'Ascoli Piceno ou l'harmonie d'Urbino : ici, l'air sent le fioul et le sel.
Les incontournables d'Ancône
L'étymologie grecque dicte la topographie de la ville. Les colons de Syracuse ont bâti leur cité sur ce coude naturel, forçant l'architecture à s'adapter au relief. Les points d'intérêt suivent cette ligne de crête, du niveau de l'eau jusqu'au sommet des collines.
© Parsifall / Wikimedia Commons — CC BY 4.0
Perchée à 70 mètres au-dessus de la mer sur le Colle Guasco, à l'emplacement de l'ancienne acropole grecque dédiée à Aphrodite. Base romane du XIe siècle, plan byzantin en croix grecque, coupole dodécagonale à nervures. Des lions de marbre rouge de Vérone gardent le porche.
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Île artificielle pentagonale de 20 000 m², commandée par le pape Clément XII en 1732 et dessinée par Luigi Vanvitelli. Elle servait de lazaret pour isoler marins et marchandises suspectés de porter la peste. Elle abrite aujourd'hui le Museo Omero, musée tactile où l'on touche des moulages de sculptures gréco-romaines.
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Élevé par le Sénat romain en l'an 115, en marbre blanc de l'île grecque d'Hymette, pour remercier l'empereur Trajan d'avoir financé l'agrandissement des digues du port. 18 mètres de haut, colonnes corinthiennes, planté au milieu des installations portuaires modernes.
© Diego_Baglieri / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0
35 hectares sur les collines Cappuccini et Cardeto. Le Campo degli Ebrei aligne 178 stèles blanches gravées en hébreu, face à Jérusalem. En redescendant, la via Astagno traverse l'ancien Ghetto où la communauté a été confinée par le pape Paul IV au XVIe siècle. Deux synagogues se cachent derrière des façades anonymes.
Le quartier du Passetto tourne le dos au port de commerce pour regarder le grand large. Le monument aux morts de 1930, temple dorique en marbre blanc, marque la fin de la ville haute. En contrebas, des dizaines de grottes creusées dans la falaise depuis le début du XXe siècle servaient de remises à bateaux. Les portes en bois peintes en bleu ou en rouge s'alignent encore le long de l'eau.
Pour se baigner, deux options opposées. Au Passetto, pas de sable : de grandes dalles blanches ou des galets, accessibles par le grand escalier ou par l'ascenseur municipal vitré, 1 € le trajet. Au nord, la plage de Palombina étale son sable gris sur cinquante mètres de bas-fonds. Le train régional y dépose en 6 minutes depuis la gare centrale, arrêt Palombina.
Visiter Ancône en 1 jour : l'itinéraire idéal
Le plan de la ville en coude empêche d'utiliser Google Maps de manière fiable. L'application ne répertorie pas les nombreux escaliers de traverse cachés entre deux rues goudronnées.
Marchez depuis la gare centrale pour atteindre ce pentagone de briques rouges flottant sur l'eau.
GratuitL'armature en fer forgé couvre l'angle du Corso Mazzini. Les poissonniers y vendent calmars et moscioli dès 7h du matin.
Ferme vers 13h30Longez les quais vers le nord. Le marbre isole le bassin antique des terminaux de passagers actuels.
GratuitLa montée par la via San Pietro sollicite le souffle. Entrez par le porche aux lions rouges : la crypte abrite les restes du saint patron.
Entrée libreRedescendez vers cette place allongée. La Trattoria La Moretta sert des plats de poisson locaux depuis 1897.
35 € le repasRemontez par la via Astagno. La pente est raide et l'ombre rare avant les arbres du parc, où se trouve le cimetière.
GratuitTraversez l'artère plate et marchande jusqu'au Viale della Vittoria. Arrêtez-vous au Caffè Giuliani au numéro 3 pour un espresso.
1,50 € le caféPrenez le bus urbain ligne 1/4 depuis la Piazza Cavour si vos mollets refusent l'effort. Le terminus dépose devant le monument aux morts. Empruntez ensuite le grand escalier blanc.
1,50 € le ticket de busPrenez un verre au Chiosco, près de l'ascenseur du Passetto, et observez la lumière tomber sur le coude d'Ancône.
7 € le SpritzSe promener dans Ancône
Le plan d'Ancône ne permet pas de se perdre au hasard. La déclivité des pentes impose des itinéraires géométriques. La balade la plus cohérente démarre sur le Molo Luigi Rizzo, où l'odeur de fioul des navires de marchandises se mêle au sel de l'Adriatique. Longez les quais vers le nord jusqu'à passer sous l'Arc de Trajan.
Le Corso Garibaldi, artère plate du centre · Ancône, 2026 · © Martin Stiburek / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0
Tournez ensuite le dos à l'eau pour affronter les pentes du quartier de San Pietro. Les ruelles sont étroites, pavées de pierres inégales. Les murs en brique s'effritent sous l'effet de l'air salin et de l'humidité de la côte. L'itinéraire redescend brutalement vers la Piazza Roma.
De là, l'espace change de dimension. Le Corso Garibaldi trace une ligne droite sans dénivelé : les enseignes internationales y côtoient les boutiques indépendantes de la Shoe Valley, la province d'Ancône et le sud des Marches, berceau de la maroquinerie italienne et des ateliers qui sous-traitent pour Tod's ou Santoni. Cherchez la mention Vero Cuoio gravée sur les semelles : une paire de mocassins en cuir souple s'y négocie autour de 120 €, sortie directement des usines de la région.
Cette artère débouche sur le Viale della Vittoria, promenade bordée d'arbres longue de 1,5 kilomètre. L'asphalte s'arrête net au bord du vide, au niveau du Passetto. En deux heures de marche, on passe des gaz d'échappement du port de commerce à l'air iodé des falaises.
Où manger à Ancône ?
Ancône tourne le dos à son propre arrière-pays. Les viandes rôties et les truffes blanches des Apennins laissent la place aux arêtes et aux crustacés. La carte des restaurants dépend des filets remontés par les bateaux à l'aube.
Treize poissons et fruits de mer différents, en écho au nombre de convives de la Cène. Base de concentré de tomate, d'huile et de vinaigre de vin.
Morue séchée pêchée dans les îles Lofoten en Norvège, réhydratée puis braisée plus de deux heures avec pommes de terre, tomates, anchois salés et olives noires.
Cépage sec et minéral, forte acidité qui tranche le gras de la morue ou l'huile des calmars frits. Finale d'amande amère.
Le port d'où proviennent poissons et fruits de mer · Ancône, 2026 · © Ria.photocatcher / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0
| Restaurant | Spécialité | Budget | Notre avis |
|---|---|---|---|
| Sot'aj Archi | Brodetto all'anconetana | env. 25 € | La recette utilise treize poissons différents, en référence aux convives de la Cène. |
| Trattoria La Cantineta | Stoccafisso all'anconetana | env. 22 € | Entre la Piazza del Papa et le Teatro delle Muse, la salle n'a pas changé depuis les années 1970. La carte reste tournée vers le poisson. |
| Enoteca Dorica | Vins naturels et Verdicchio | env. 5 € le verre | Le contrepoint parfait à la friture de calmars, avec une finale d'amande amère. |
Avec une voiture, 25 minutes vers le sud mènent à la baie de Portonovo. Les restaurants posés sur les galets y servent le mosciolo selvatico, moule sauvage pêchée sur les rochers immergés du Monte Conero entre avril et octobre.
Où dormir à Ancône ?
Le centre-ville manque d'adresses au cachet historique, mais quelques établissements maîtrisent l'art du transit.
| Établissement | Prix / nuit | Notre avis |
|---|---|---|
| B&B Trestelle Chambres simples · via San Martino, centre |
85 € | À 15 minutes à pied de la gare, note de 9/10 sur Booking. |
| Grand Hotel Palace 4 étoiles · Lungomare Vanvitelli, face au port |
110 € | Le triple vitrage coupe le bruit des camions et des sirènes du port. |
| Hôtel Fortino Napoleonico Fort militaire de 1810 · Baie de Portonovo |
150 € | Murs de pierre épaisse face aux galets blancs de la réserve naturelle. Une voiture de location est nécessaire. |
Piazza del Papa, centre historique · Ancône, 2026 · © Claudio.stanco / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0
À 25 minutes de route au sud, à Numana, l'Hôtel Murè donne sur le port de plaisance, à quelques mètres de la plage. Comptez 140 € la nuit en été, avec une disponibilité qui sature plusieurs semaines à l'avance. Sans voiture, mieux vaut rester dans le centre ou près du port : les hébergements du Conero demandent un véhicule de location.
Accès et infos pratiques : avion, train, ferry
Ancône est avant tout un point de passage. La moitié des voyageurs qui y dorment embarquent le lendemain vers Split, Igoumenitsa ou Patras, et le terminal impose ses propres règles.
La billetterie centrale, l'Ancona Ferries Terminal, se trouve via Luigi Einaudi, à environ 3 km des quais d'embarquement. Il faut s'y présenter avec ses documents d'identité pour retirer les cartes d'accès à bord, même après un achat en ligne. Une navette gratuite, la ligne 20, relie ensuite la billetterie aux quais, comme le Molo Santa Maria ou le Molo XXIX Settembre. Avec un véhicule, prévoyez d'arriver au moins 2h30 avant le départ : la via XXIX Settembre se bloque lors des grands départs estivaux.
La côte change au sud d'Ancône : les falaises du Monte Conero plongent dans la mer et bloquent l'accès routier à plusieurs criques, dont celle des Due Sorelle. Seule une embarcation permet d'y accéder, au départ de la Marina Dorica d'Ancône ou du port de Numana. En ville, le bus Conerobus grimpe les collines où la marche devient exigeante : ticket simple à 1,50 € dans les bureaux de tabac.
Ne cherchez pas à transformer Ancône en destination de vacances prolongées. Sa position géographique en fait le point d'arrivée naturel de votre route dans les Marches. Atterrissez en milieu de matinée, prenez le temps de manger un stoccafisso sur le port, montez voir la forme du golfe depuis le parvis du Duomo, puis récupérez les clés de votre voiture de location pour aller dormir au pied du Monte Conero.— La rédaction, Ancône · Province d'Ancône, Marches
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