Les 7 villages à voir autour de Palerme
Sortir de Palerme prend vingt minutes. Voici sept étapes précises pour fuir l'asphalte et la chaleur de la capitale, des pâtisseries balkaniques aux sommets des Madonie.
Palerme épuise. Le trafic sur la Via Regione Siciliana, la chaleur coincée entre les palazzi, le bruit continu des klaxons et des scooters. On finit toujours par vouloir en sortir.
Les montagnes environnantes et la côte abritent des communes qui vivent à un autre rythme, et sept d'entre elles se rejoignent en moins de deux heures de route depuis Palerme, de Cefalù à Castelbuono.
Il suffit de récupérer une voiture à l'aéroport (comparez les agences via Rentalcars pour éviter les suppléments surprises au comptoir), de repérer les routes secondaires et d'accepter que la conduite en montagne rallonge les temps de trajet. Le contraste est immédiat : l'asphalte laisse place au pavage de calcaire blanc, et les menus touristiques cèdent le pas aux macellerie de quartier. La température chute de cinq degrés dès qu'on dépasse les 800 mètres d'altitude. Mettez le contact : direction la Sicile de l'intérieur.
Autour de Palerme : les 7 villages en un coup d'œil
| Village | Depuis Palerme | À ne pas rater |
|---|---|---|
| Piana degli Albanesi | 40 min | Cannoli à l'Extra Bar Petta, 3,50 € |
| Borgo Parrini | 50 min | Fresques inspirées de Gaudí |
| Caccamo | 45 min | Château normand, 6 € |
| Castelbuono | 1h30 | Manne de frêne et panettone Fiasconaro |
| Cefalù | 50 min en train | Mosaïques byzantines du Duomo, gratuit |
| Gangi | 2h | Crypte des cent prêtres momifiés, 2 € |
| Petralia Soprana | 2h15 | Village le plus haut des Madonie, 1147 m |
Piana degli Albanesi : l'enclave byzantine à 40 minutes de Palerme
La route nationale SS624 traverse des collines brûlées par le soleil dès le mois de juin. Les panneaux à l'entrée de la ville affichent les noms en italien et en albanais : les fondateurs ont fui l'avancée de l'Empire ottoman au XVe siècle, et la langue arbëreshë s'est maintenue dans les échanges quotidiens, tout comme les rites byzantins dans les églises locales.
Les Palermitains font le trajet le dimanche matin pour une raison précise : les cannoli. Les pâtissiers locaux utilisent le lait des brebis des pâturages voisins, et la ricotta est tamisée, moins sucrée que celle servie en ville. À l'Extra Bar Petta, sur la Piazza Vittorio Emanuele, le cannolo coûte 3,50 € et pèse 250 grammes : la croûte est épaisse, frite dans le saindoux, garnie à la minute devant le client. La vitrine vend aussi des cassatelle, de larges demi-lunes de pâte frite fourrées à la crème.
© Costacostacostacosta / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Le lac de Piana, bassin artificiel à cinq minutes en contrebas du village, offre une rive en terre pour se poser loin du bruit des moteurs. L'eau n'est pas baignable, mais les familles palermitaines y pique-niquent à l'ombre des pins en fin de journée.
Borgo Parrini : la greffe catalane à 50 minutes de route
© HaguardDuNord / Wikimedia Commons, CC BY 4.0
Ce hameau se situe près de Partinico, à 50 minutes de route à l'ouest de Palerme. Il y a quinze ans, c'était un simple regroupement de maisons agricoles en ruine, habité par quelques ouvriers. Un entrepreneur local a racheté les bâtiments abandonnés et recouvert les murs d'enduits bleus, jaunes et blancs, incrustés de céramiques cassées : l'inspiration des œuvres barcelonaises de Gaudí est directement revendiquée sur les fresques murales.
La rue principale pavée mesure 100 mètres de long. Le parking en terre battue à l'entrée coûte 2 €. En plein été, les bus de tourisme bloquent l'accès le dimanche après-midi : allez-y un mardi matin vers 9h, avant l'arrivée des groupes.
Prenez un espresso à 1,20 € au bar I Campanili a Borgo Parrini et observez les détails en fer forgé sur les fenêtres. Trente minutes suffisent pour lire les citations peintes sur les murs et marcher jusqu'à la petite église restaurée.
Les façades colorées contrastent avec les champs de blé sec qui entourent la zone. Reprenez ensuite la voiture vers le golfe de Castellammare pour trouver l'eau froide de la mer Tyrrhénienne et une place sur le sable sans louer de transat à la journée.
Caccamo : forteresse normande et viande grillée à 45 minutes de la côte
© Phyrexian / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Prenez l'autoroute A19 vers l'est, sortez à Termini Imerese, puis comptez 15 minutes de lacets vers l'intérieur des terres par la route SP21. Le Castello di Caccamo occupe un éperon rocheux entier : la bâtisse fortifiée repose directement sur une falaise calcaire verticale.
Les salles en pierre nue résonnent sous les pas, notamment la grande salle des armes. La terrasse principale de la cour donne à la fois sur les toits de tuiles du village et sur les eaux vertes du barrage Rosmarina, 200 mètres plus bas, tandis que le mont San Calogero bloque l'horizon au nord.
L'autre activité locale se passe chez le boucher : la tradition de la macelleria qui fait restaurant le midi s'est maintenue ici, loin des trattorias de la côte. On entre, on pointe les brochettes de saucisse au fenouil sauvage, ou les mangia e bevi (des tiges d'oignon vert enroulées dans de la poitrine de porc), et le boucher emmène les morceaux dans l'arrière-boutique pour les poser sur la grille à charbon. On mange sur des tables en plastique avec du vin rouge servi au pichet, comptez 12 à 15 € par personne. Plusieurs macellerie du centre historique proposent ce service, feu allumé dès 12h30 et tables remplies en moins d'une demi-heure.
Castelbuono : manne de frêne et panettone à 1h30 de Palerme
Comptez 1h30 de route depuis Palerme par l'autoroute A20 vers l'est, puis la montée dans le parc naturel régional des Madonie. La température baisse de cinq degrés, un soulagement recherché en plein mois d'août.
Castelbuono fonde une partie de son économie sur la manne : la sève des frênes est entaillée au couteau entre juillet et août, elle coule le long du tronc et se fige au soleil, formant des stalactites blanches au goût sucré. Le consortium agricole local vend des morceaux bruts pour environ 8 € les 50 grammes. Sur la Piazza Margherita, le bar Fiasconaro expédie ses pâtisseries dans toute l'Europe : on y mange une tranche de panettone à la crème de pistache en plein été, avec un cappuccino, pour 4,50 € l'ensemble.
© Bernard Gagnon / Wikimedia Commons, CC BY 4.0
La rue principale monte droit vers le Castello dei Ventimiglia, un cube massif en pierre sombre où il faut payer 5 € pour monter au deuxième étage. La chapelle palatine Sainte-Anne y est entièrement recouverte des stucs blancs des frères Serpotta, posés sur un fond tapissé de feuille d'or : le contraste avec la rigueur militaire de l'extérieur est total.
Cefalù : rocher calcaire et mosaïques byzantines accessibles en train
© Kondephy / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Laissez la voiture au parking : Cefalù se mérite en train. Le régional depuis la gare centrale de Palerme coûte 6,80 € et met 50 minutes, il dépose à dix minutes de marche des ruelles historiques, épargnant la recherche de stationnement en haute saison et les amendes des caméras ZTL.
Le plan des rues s'enroule sous la Rocca, un bloc calcaire de 270 mètres de haut. Le Duomo domine l'horizon avec ses deux tours carrées massives, entrée gratuite. L'intérieur cache un Christ Pantocrator en mosaïque byzantine datant de 1148, et la lumière frappe la feuille d'or des absides dès la fin de matinée.
La plage de sable fin en plein centre-ville se remplit de parasols dès 9h du matin en juillet. Le lavoir médiéval, accessible par un escalier en colimaçon creusé dans la pierre sur la Via Vittorio Emanuele, capte l'eau de la rivière Cefalino qui se jette directement dans la mer.
Pour les adresses précises où manger des anchois frits loin des menus touristiques, et les chemins d'accès aux criques isolées, direction notre guide dédié à Cefalù.
Gangi : toits collés et cryptes funéraires à 2 heures de route
À deux heures de route de la capitale, le bourg recouvre un cône montagneux entier, surplombant la vallée à 1 011 mètres d'altitude. Les rues sont trop pentues et trop étroites pour les véhicules non résidents : laissez la voiture sur le parking gratuit en contrebas de la Via Nazionale et montez à pied, l'ascension chauffe les mollets.
Les maisons partagent leurs murs mitoyens pour conserver la chaleur l'hiver, la neige tombant régulièrement entre décembre et février. Le préfet Cesare Mori y organisa un siège militaire en 1926 pour en déloger les bandits barricadés.
Comme presque partout en Sicile, les portes se verrouillent de 13h à 16h pour la pause méridienne.
L'église mère de San Nicolò, sur la crête, cache la Fossa dei Parrini. L'accès à cette crypte coûte 2 € : une centaine de corps de prêtres locaux y ont été momifiés entre le XVIIIe et le XIXe siècle, alignés debout dans des niches, habillés de leurs vêtements sacerdotaux brodés, les visages enduits de cire pour freiner la dégradation.
En remontant vers la lumière, arrêtez-vous dans une boulangerie de quartier pour acheter le pain local recouvert de graines de sésame, vendu au poids pour environ 3 € le kilo. La mie est dense et jaune, tirée du blé dur des champs environnants.
Petralia Soprana : le sommet de pierre à 1147 mètres d'altitude
Quinze minutes de lacets séparent Gangi de Petralia Soprana. À 1147 mètres d'altitude, c'est la commune la plus haute de la province palermitaine, et l'air y est vif, obligeant à porter une veste légère en soirée même à la mi-août.
Le pavage des rues est composé de blocs de calcaire blanc, la pietra viva, taillée par les artisans locaux. Le bruit des chaussures résonne contre les murs des palais noircis par le temps.
© Mediaterra / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
La Piazza del Popolo s'ouvre sur un balcon de pierre orienté vers l'est : par temps clair, la masse du volcan Etna se détache à l'horizon, à plus de cent kilomètres de distance. L'église de Santa Maria di Loreto se reconnaît de loin grâce à sa façade symétrique flanquée de deux clochers pointus recouverts de majolique colorée, entrée gratuite.
- Emplacement : frazione Raffo, à 3 km du bivio Madonnuzza
- Tarif : 5 € la visite guidée d'une heure
- Horaires : le samedi uniquement, sur réservation
- Réservation obligatoire auprès de l'Associazione Sottosale : 366 387 8751
- Accès interdit aux moins de 12 ans
La visite guidée permet de descendre dans les tunnels creusés dans le sel pur, où la température stagne autour de 15 °C. Les sculptures du musée Sottosale, réalisées lors des biennales d'art contemporain, sont préservées par un climat sec et sans humidité.
La location d'une voiture est indispensable pour ce type de circuit dans les terres, à l'exception du trajet vers Cefalù qui s'opère mieux en train. Les bus régionaux des compagnies AST ou SAIS existent, mais ils imposent des départs à 6h du matin et des retours limités à l'heure du déjeuner, calqués sur les horaires scolaires.
Remplissez le réservoir avant de quitter la côte : les stations-service se font rares une fois passé le panneau d'entrée des Madonie, et les pompes de montagne ferment presque toujours le dimanche après-midi.
Si enchaîner les kilomètres vous rebute, coupez le trajet en deux et réservez une nuit dans un agriturismo des Madonie. Pour un itinéraire qui inclut ces villages sur plusieurs jours plutôt qu'en aller-retour depuis Palerme, mieux vaut prévoir une nuit sur place.
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