Que rapporter de Rome ? Souvenirs typiques et conseils pratiques
Un pecorino du Latium, une huile de Sabine, un micromosaïque ou un simple timbre du Vatican : voici ce que je rapporterais de Rome, où le trouver et comment le ramener entier.
Les rues autour de la fontaine de Trevi vendent toutes les mêmes aimants. Pour rapporter quelque chose qui parle vraiment de Rome, je vous emmène plutôt vers les épiceries de Testaccio, les collines du Latium et quelques adresses du Vatican.
Entre le Panthéon et la fontaine de Trevi, les vitrines se ressemblent toutes : des aimants du Colisée, des tabliers à l'effigie du David, qui est pourtant à Florence, et des paquets de pâtes tricolores qu'on trouve aussi à Milan. Rien de grave, mais ce n'est pas Rome.
Rome, on la retrouve plutôt dans ce que mangent les Romains, dans les produits des collines qui l'entourent et dans quelques savoir-faire nés à l'ombre de Saint-Pierre. Pour choisir, je me pose trois questions simples. Est-ce que ça vient vraiment de Rome ou du Latium ? Est-ce que ça fera plaisir à la personne qui le recevra ? Et est-ce que ça tiendra dans ma valise sans tout tacher ? Avec ces trois filtres, la liste se resserre vite, et elle devient beaucoup plus intéressante.
Si vous voulez d'abord situer la ville et ses quartiers, notre guide de Rome vous donne le cadre. Ici, on parle de ce qu'on emporte en partant.
Que rapporter de Rome : ma sélection en quelques lignes
Si je devais repartir demain avec cinq choses, je prendrais :
-
un morceau de pecorino romano, de préférence fabriqué dans le Latium ;
-
une bouteille d'huile d'olive Sabina, produite dans les collines au nord-est de la ville ;
-
un Frascati, sec ou dans sa version douce, le Cannellino ;
-
un paquet de ciambelline au vin, les biscuits de la tradition romaine, ou un pangiallo si vous venez en décembre ;
-
et, côté objets, une carte postale envoyée avec un timbre du Vatican, ou un micromosaïque si le budget le permet.
Le reste de l'article explique pourquoi je choisirais ces souvenirs, où les trouver et comment les ramener.
Les souvenirs gourmands : le Latium dans un sac de courses
Le pecorino romano, à condition de lire l'étiquette
© Jon Sullivan — Domaine public
C'est le fromage de la carbonara, de l'amatriciana et de la cacio e pepe. Un Romain ne conçoit pas ces plats sans lui, et c'est sans doute le souvenir le plus évident. Il y a pourtant une surprise : malgré son nom, le pecorino romano DOP se fabrique en Sardaigne, dans le Latium et dans la province de Grosseto, en Toscane, et la plus grande partie de la production vient aujourd'hui de Sardaigne.
Rien de malhonnête là-dedans, c'est l'appellation officielle. Mais si vous voulez un fromage vraiment né autour de Rome, cherchez la mention du Latium, « Lazio », sur l'étiquette. Elle n'apparaît que lorsque tout le cycle de fabrication s'est fait dans la région. Demandez-le sous vide au comptoir : il voyage bien, et un morceau de 300 à 500 grammes suffit pour plusieurs plats de pâtes à la maison.
Le guanciale, pour ceux qui cuisinent
La joue de porc séchée, c'est l'autre pilier de la cuisine romaine. Amatrice, une petite ville de la province de Rieti, a donné son nom à la sauce qui l'a rendue célèbre. Pour un ami qui cuisine, c'est un cadeau qui a du sens : avec un morceau de guanciale et un pecorino, il a de quoi refaire une vraie amatriciana. Prenez-le sous vide, comme le fromage, et vérifiez sur l'emballage s'il doit être conservé au frais : c'est nécessaire pour certains guanciales.
L'huile de Sabine
Au nord-est de Rome, entre la vallée du Tibre et les premières pentes de l'Apennin, la Sabine produit de l'huile depuis l'Antiquité. Son huile d'olive extra-vierge, la Sabina DOP, est considérée comme la première huile italienne à avoir obtenu une appellation d'origine. Les olives sont cultivées dans des communes des provinces de Rome et de Rieti.
C'est un cadeau que je trouve plus juste qu'une huile « italienne » sans origine précise : elle vient de la campagne qui nourrissait Rome. Une bouteille de 50 cl, bien emballée, se glisse facilement dans une valise.
© Antonello Roma — CC BY 2.0
Les vins des Castelli Romani
© Anil Öztas — CC BY 4.0
Au sud-est de la ville, les Castelli Romani ont toujours été le vignoble des Romains. Le Frascati Superiore est un blanc sec, à base de malvoisie, qui accompagne très bien une table d'été. Son cousin, le Cannellino di Frascati, est un vin blanc doux issu de vendanges tardives. Je l'offrirais volontiers avec un paquet de biscuits secs : c'est un duo très romain pour finir un repas.
Une liqueur de Civitavecchia
L'une des maisons les plus connues de sambuca, cette liqueur à l'anis, est née dans le Latium : Angelo Molinari a commencé à mettre au point sa sambuca en 1945 à Civitavecchia, le port de Rome. On la trouve partout, ce qui en fait un souvenir facile pour qui aime ce goût. Elle se marie très bien avec le café, et on la sert volontiers avec quelques grains de café dans le verre.
Les biscuits et douceurs de la tradition romaine
Les ciambelline al vino sont des petits anneaux secs, pétris avec du vin, de l'huile et du sucre, traditionnellement sans œufs ni beurre, souvent parfumés à l'anis. Bien secs, ils supportent sans peine le voyage dans une boîte en fer, ce qui en fait le souvenir sucré le plus pratique.
En décembre, cherchez le pangiallo romano, un gâteau dense de fruits secs, de miel et de raisins secs, recouvert d'une couche dorée. Il se conserve bien et se transporte sans difficulté. Les maritozzi à la crème, en revanche, se mangent sur place : ils ne survivront pas au voyage.
Pour tout ce qui se goûte avant de choisir, notre article sur ce qu'il faut manger à Rome vous donne les plats et les saveurs à repérer pendant le séjour.
Les objets et créations qui racontent Rome
Le micromosaïque, le souvenir du Grand Tour
À la fin du XVIIIe siècle, des mosaïstes romains ont perfectionné une technique utilisant de minuscules tesselles d'émail filé. Elle permettait de décorer des tabatières, des bijoux, de petits tableaux. Ces micromosaïques sont devenus le souvenir le plus recherché de Rome par les aristocrates du Grand Tour.
La tradition continue. L'atelier de mosaïque du Vatican, le Studio del Mosaico, qui restaure les mosaïques de Saint-Pierre, réalise aussi des œuvres vendues au public et accepte des commandes ; on le visite sur rendez-vous. Ce sont des pièces d'art, avec le prix qui va avec : je les garde pour un cadeau qui compte vraiment. Si vous en achetez un ailleurs, approchez-vous : dans un vrai micromosaïque, on distingue les tesselles une à une, là où une imitation imprimée reste lisse.
Un objet chiné à Porta Portese
© trolvag — CC BY-SA 3.0
Le dimanche matin, autour de Porta Portese, dans Trastevere, le plus grand marché aux puces de Rome s'étire sur des centaines de stands. On y trouve des antiquités, des vinyles, des livres, de vieilles cartes postales, et aussi beaucoup de marchandise importée sans intérêt. C'est justement ce qui en fait un jeu : un vieux guide de Rome, une gravure de la ville ou un disque de chanson romaine feront un souvenir unique.
Venez tôt, avec des espèces, et marchandez : c'est l'usage. Gardez un œil sur votre sac, la foule attire les pickpockets.
Les souvenirs du Vatican : timbres et objets religieux
Le Vatican est un État à part, et cela se voit jusque dans sa poste. Mon souvenir préféré est aussi l'un des plus modestes : une carte postale envoyée avec un timbre du Vatican.
Les Poste Vaticane ont un bureau sur la place Saint-Pierre, ouvert tous les jours de 8 h 30 à 18 h 30, et un autre dans les Musées du Vatican, du lundi au samedi.
Le timbre ne vaut que dans les boîtes aux lettres du Vatican : postez la carte sur place.
Un carnet de timbres du Vatican fait aussi un joli cadeau pour un philatéliste.
Les boutiques autour de la place Saint-Pierre et de Borgo Pio regorgent d'objets religieux, comme les chapelets ou les médailles. Ces objets ont du sens pour un croyant, même si beaucoup sont fabriqués en série. Ce sont les micromosaïques, évoqués plus haut, qui ont l'histoire la plus romaine.
Où acheter ses souvenirs à Rome sans rester collé aux monuments
Testaccio, le quartier des gourmands
Si je ne devais garder qu'un quartier pour les achats, ce serait Testaccio. Le marché couvert, qui s'ouvre notamment sur la via Lorenzo Ghiberti, accueille ses clients du lundi au samedi de 7 h à 15 h 30. On y trouve des fromages, de la charcuterie, des produits secs, et les Romains y font leurs courses. Arrivez le matin : vers la fin, certains stands ferment.
À quelques minutes, la Salumeria Volpetti, au 47 via Marmorata, est l'épicerie fine historique du quartier. Fromages, charcuterie, vins et produits de pizzicheria : c'est l'endroit pour composer un panier romain, avec du pecorino sous vide et une bouteille de Frascati. Elle ouvre du lundi au samedi de 9 h à 20 h 30 et ferme le dimanche.
Autour du Campo de' Fiori
Via dei Chiavari, à deux pas du Campo de' Fiori, l'Antico Forno Roscioli cuit son pain dans un four qui existe depuis 1824. On y vient pour la pizza bianca, mais on y trouve aussi des biscuits et des gâteaux de saison, et quelques produits emballés. C'est un bon arrêt pour les douceurs à emporter. Prévoyez un peu de patience : la file d'attente peut être longue.
Le dimanche
Le marché de Testaccio et l'épicerie Volpetti sont fermés le dimanche. Ce jour-là, faites plutôt Porta Portese le matin et gardez les achats gourmands pour un autre jour du séjour.
Ramener ses souvenirs de Rome : bagage cabine, soute et douane
En bagage cabine
Depuis le 26 juillet 2025, l'aéroport de Fiumicino accepte les liquides en cabine dans des contenants jusqu'à 2 litres, grâce à ses nouveaux scanners. Une bouteille de vin ou d'huile peut donc monter avec vous. Deux exceptions comptent : les vols directs vers les États-Unis ou Israël des compagnies qui enregistrent au terminal 1 restent à la règle des 100 ml dans un sachet transparent, comme les voyageurs en transit arrivant de certains pays hors Schengen.
Cette souplesse tient aux scanners de Fiumicino. Si vous partez de Ciampino ou si vous changez d'avion en route, je mettrais les bouteilles en soute : c'est la façon la plus sûre de ne pas les laisser au contrôle.
Si vous voyagez uniquement avec un bagage cabine, le plus simple est de choisir des produits solides : un pecorino sous vide, une boîte de biscuits, une carte postale, un petit micromosaïque.
En soute
Pour les bouteilles, emballez chacune dans un vêtement, dans un sac plastique bien fermé, et placez-les au centre de la valise, calées entre les vêtements souples. Une huile qui fuit gâche toute une valise.
Le sous-vide protège le fromage et la charcuterie, mais il ne remplace pas le froid. Si l'emballage demande de garder le produit au frais, glissez-le dans un sac isotherme avec un pain de glace et remettez-le au réfrigérateur dès votre arrivée.
Au retour, selon votre pays
Pour la France, la Belgique ou un autre pays de l'Union européenne, vous pouvez rapporter vos produits pour votre usage personnel. Pour l'alcool, la douane française retient des repères de 90 litres de vin et 10 litres de spiritueux par personne. Ce ne sont pas des quotas automatiques : ce qui compte, c'est que les bouteilles soient pour vous ou pour offrir. Avec quelques bouteilles de Frascati dans la valise, vous en êtes très loin.
Pour la Grande-Bretagne, c'est différent. En raison des épidémies animales en Europe, les voyageurs ne peuvent plus y entrer avec du fromage, des produits laitiers ou de la viande de porc venant de l'Union européenne, même sous vide. Si vous rentrez à Londres, laissez le pecorino et le guanciale, et choisissez l'huile, le vin, les biscuits ou un objet.
Comment reconnaître un souvenir vraiment romain
Quelques réflexes suffisent. Sur un produit gourmand, lisez l'étiquette : une appellation DOP ou DOCG avec le nom d'un lieu du Latium, comme Sabina, Frascati ou la mention « Lazio » sur le pecorino, vous dit d'où il vient. Le nom du producteur et sa commune vous en disent aussi beaucoup.
Sur un objet, regardez où il a été fabriqué. Un tablier « Roma » fabriqué à l'autre bout du monde reste un tablier. Un micromosaïque du Studio du Vatican, une gravure ancienne trouvée à Porta Portese ou un timbre du Vatican ont une histoire qui commence ici.
Et pour les produits italiens que l'on trouve partout, comme le limoncello ou le pesto, gardez-les pour Naples ou Gênes : ils n'ont rien de romain.
Si vous ne devez passer qu'une heure aux achats, allez à Testaccio un matin de semaine. Entre le marché et Volpetti, vous repartirez avec un pecorino du Latium, une huile de Sabine et un Frascati, de quoi refaire un dîner romain à la maison. Ajoutez une carte postale timbrée au Vatican, et vous aurez rapporté Rome sans un seul aimant.
Colisée, Vatican, Trastevere et centre baroque : trois jours organisés par quartiers pour découvrir Rome sans passer la journée dans…
Lire la suite →Huit lieux romains discrets, entre sous-sols antiques, musées de quartier et ancienne centrale électrique, à choisir selon le rythme de…
Lire la suite →