Que faire en Sardaigne ? Les incontournables
Des criques inaccessibles du golfe d'Orosei aux ruelles d'Alghero, découvrez l'île continent au-delà des cartes postales.
L'odeur du maquis corse vous est familière ? Attendez de poser le pied en Sardaigne. Ici, le parfum de l'hélichryse et du myrte sauvage prend à la gorge dès la sortie de l'avion. La Sardaigne n'est pas juste une île, c'est un continent miniature posé au cœur de la Méditerranée.
Que faire en Sardaigne : l'erreur classique à ne pas commettre
Je le répète chaque année aux voyageurs que je croise : ne tentez pas de faire le tour de l'île en une semaine. Pour que ce soit immédiatement concret, gardez ces repères en tête lors de votre planification.
La longueur totale du littoral sarde, entre falaises à pic et lagons protégés. De quoi remplir plusieurs séjours sans jamais voir deux fois la même crique.
Le temps minimum pour relier Olbia au nord à Cagliari au sud par la voie rapide SS131. En plein été avec le trafic, comptez bien davantage.
Votre vitesse dès que vous quittez les axes principaux pour rejoindre les plages et les sites isolés. Les petites routes sardes ne pardonnent pas les agendas trop chargés.
Ces tours préhistoriques parsèment le territoire. Chaque virage de route de montagne peut en cacher un nouveau, souvent signalé par un simple panneau.
© Ziegler175 / Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0
Louer une voiture n'est pas une option, c'est une nécessité. Les bus locaux desservent très mal les sites naturels isolés. Anticipez votre réservation pour sécuriser votre véhicule avant l'arrivée : entre juin et septembre, les agences des aéroports sont prises d'assaut et les prix flambent en quelques heures. Prenez systématiquement une formule avec rachat de franchise : les pistes en terre pardonnent rarement aux carrosseries.
Réservez votre voiture au moins trois semaines avant le départ sur Rentalcars. Les tarifs en agence sur place peuvent être deux à trois fois plus élevés en plein juillet ou août. Optez pour un pick-up à l'aéroport pour éviter les transports.
La Maddalena, Capo Testa et les criques du nord
Le nord-est attire les visiteurs du monde entier pour la couleur de son eau. Mais il faut savoir naviguer entre le bling-bling de la Costa Smeralda et le granit brut du cap.
© Aldo Ardetti / Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0
L'archipel de La Maddalena regroupe sept îles principales au sein d'un parc national protégé. Évitez les gros ferrys bondés en plein été : on privilégie une excursion en petit bateau au départ de Palau. Le luxe consiste à débarquer à la Cala Corsara sur l'île de Spargi vers 9h du matin, quand le sable n'est pas encore foulé et que l'eau transparente laisse voir l'ombre du bateau sur les fonds à dix mètres de profondeur.
Porto Cervo et Capo Testa : deux faces du même nord
Si vous fuyez le luxe standardisé et les boutiques haute couture, zappez totalement les ruelles manucurées de Porto Cervo. Le nord le plus brut se trouve trente minutes de route plus à l'ouest, au Capo Testa. C'est mon endroit préféré pour la fin de journée. Le vent y a sculpté d'immenses blocs de granit aux formes irréelles sur fond de mer ouverte.
Enfoncez-vous à pied dans la Valle della Luna. L'odeur du maquis chauffé par le soleil imprègne les sentiers et l'ambiance est restée hippie. Au coucher du soleil, la Corse se découpe en face, de l'autre côté des bouches de Bonifacio. Le parking au bout du cap coûte environ 2 € l'heure : arrivez avant 10h ou après 17h pour trouver une place sans lutter.
Le Golfe d'Orosei : Cala Goloritzé, Cala Luna et Cala Mariolu
Le golfe d'Orosei est la côte la plus sauvage de l'île. Une muraille de calcaire vertigineuse plonge à pic dans une mer indigo. Ici, oubliez la voiture. Les criques s'appellent Cala Goloritzé, Cala Luna ou Cala Mariolu, et aucune ne se mérite sans effort.
Cala Goloritzé reste ma plus belle claque visuelle de l'île. Elle ne s'atteint qu'après 1h30 de descente à pied par un sentier rocailleux depuis le plateau de Golgo. À l'arrivée, une aiguille calcaire de 143 mètres surplombe une plage de galets blancs. L'eau y est transparente et un peu plus fraîche qu'ailleurs, grâce aux sources sous-marines. Comptez 6 € par personne pour la contribution écologique, payable directement au bar Su Porteddu au départ du sentier.
Louez un gommone (petit Zodiac sans permis) sur le port de Cala Gonone pour explorer librement les criques du golfe. Prévoyez 150 à 200 € la journée hors carburant. Les criques fermées à l'accès pédestre s'ouvrent depuis la mer.
© Giorgio Galeotti / Wikimedia Commons — CC BY 4.0
À quelques kilomètres des plages, les gorges de Gorropu forment l'un des canyons les plus profonds d'Europe. Les parois blanches se dressent sur près de 500 mètres au-dessus de vos têtes. On y accède par une longue marche depuis le col de Genna Silana. Le silence à l'intérieur de la faille tranche avec l'animation côtière, à trente minutes de voiture seulement.
- Entrée du site : 5 € par personne
- Eau : minimum 3 litres par personne, la chaleur dans la gorge est étouffante à la mi-journée
- Accès : départ depuis le col de Genna Silana (SS125)
- Durée aller : 1h30 à 2h selon le niveau de forme
- Période conseillée : matin tôt ou fin d'après-midi pour éviter la chaleur
Alghero, Bosa et la Riviera du Corail
La côte ouest offre un visage totalement différent. Elle est marquée par l'histoire coloniale espagnole et des paysages ouverts sur le grand large.
© Photo2023 / Wikimedia Commons — CC BY 4.0
Alghero est une anomalie délicieuse. On l'appelle la Barceloneta sarde parce qu'on y parle encore un dialecte catalan. J'adore marcher sur ses remparts dorés en fin d'après-midi, face à une lumière qui embrase les pierres d'un orange profond. Réservez une table à la Trattoria La Saletta (4.5/5) pour déguster d'excellents spaghettis aux oursins. Les saveurs y sont franches.
Poussez ensuite jusqu'au Capo Caccia pour visiter la Grotte de Neptune. Descendez par l'Escala del Cabirol et ses 654 marches taillées à flanc de falaise. C'est cette descente vertigineuse face aux vagues qui justifie le déplacement plus que les stalactites elles-mêmes.
- Entrée : 18 € / adulte (tarif 2026)
- Accès principal : Escala del Cabirol, 654 marches depuis le sommet de la falaise
- Alternative : ferry depuis le port d'Alghero (plus simple, moins spectaculaire)
- Éviter : les créneaux de 11h à 14h en été, la descente dans la chaleur est épuisante
Bosa et la péninsule de Sinis
Bosa est le village le plus coloré de l'île. Ses maisons pastel s'empilent doucement le long du fleuve Temo. Installez-vous en terrasse pour déguster un verre de Malvasia, le vin blanc liquoreux local, avant de reprendre la route vers le sud.
À l'extrême pointe de la péninsule de Sinis, les ruines phénico-romaines de Tharros dressent leurs colonnes face au grand large. Vous marchez au milieu de l'histoire, battu par les vents marins. Les étangs de Cabras, juste derrière, fournissent la bottarga, le caviar sarde. Ne repartez pas sans avoir goûté un plat de pâtes à la bottarga dans une auberge de pêcheurs.
La plage d'Is Arutas voisine est composée de minuscules grains de quartz blancs et rosés, uniques au monde. Emporter une poignée de ce quartz dans ses bagages est passible d'une lourde amende à l'aéroport. La règle est appliquée sans exception et les contrôles sont fréquents.
Cagliari, Chia et les lagunes de Villasimius
Dans le sud, tout dépend du vent. Cette région est souvent balayée par le mistral ou le sirocco. Adaptez le choix de vos plages au jour le jour pour rester à l'abri.
© Hitrandil / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0
Cagliari est une ville méditerranéenne vivante. Grimpez dans le quartier fortifié du Castello au coucher du soleil pour la vue panoramique sur les toits et la baie. Redescendez dans les ruelles animées du quartier de la Marina pour dîner. À La Stella Marina di Montecristo (4.6/5), il n'y a pas de menu : laissez le patron vous apporter sa fregola sarda aux fruits de mer et le retour de pêche du jour. Comptez 35 à 40 € par personne pour ce festin.
Chia et Villasimius : deux styles de plages
À l'ouest de la capitale, la côte de Chia déroule d'immenses plages adossées à des dunes de trente mètres de haut. C'est le royaume du vent et du sable blond, idéal pour les familles qui cherchent de l'espace. À l'est, la zone de Villasimius et la Punta Molentis offrent des lagons turquoise peu profonds et protégés du vent, parfaits pour les enfants.
Arrivez aux parkings de Chia et de Punta Molentis avant 8h30 du matin. Le stationnement coûte entre 5 et 10 € la journée mais les places disparaissent rapidement. Je conseille de scinder vos points de chute sur Booking.com : deux nuits côté Pula pour explorer Chia, puis trois nuits vers Villasimius.
La Barbagia : Su Nuraxi, Orgosolo et villages de montagne
On ne connaît pas la Sardaigne si l'on n'a pas mis les pieds dans la Barbagia. Ce cœur montagneux a forgé le caractère fier et insoumis des Sardes. C'est ici que les traditions n'ont pas capitulé face au tourisme de masse.
© Norbert Nagel / Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0
Près de Barumini, le site de Su Nuraxi est classé à l'UNESCO. Ce village fortifié témoigne d'une civilisation mégalithique construite à l'âge du bronze sans mortier ni métal. Le ticket à 15 € inclut la visite guidée obligatoire, indispensable pour comprendre l'ingénierie de ces bâtisseurs. À deux pas, l'Antica Dimora del Gruccione à Santu Lussurgiu (9.2/10 sur Booking.com) propose un petit-déjeuner biologique et des dîners qui revisitent la tradition pastorale.
Orgosolo et le Musée des Traditions de Nuoro
Orgosolo s'exprime sur ses murs. Plus de 150 murales racontent les luttes paysannes et la politique internationale sur les façades du village. Arrêtez-vous le midi dans un agriturismo local pour goûter au porceddu, le cochon de lait rôti, traditionnellement servi sur des feuilles de myrte avec du pain carasau.
Cap ensuite sur Nuoro. Son Musée des Traditions Populaires est la clé pour décoder la complexité des costumes et des masques du carnaval archaïque. Vous y découvrirez les effrayants Mamuthones de Mamoiada. Leurs masques noirs et leurs cloches pesantes remontent à un carnaval pré-chrétien antérieur au christianisme insulaire.
Comment organiser son voyage en Sardaigne
Le choix entre le ferry et l'avion dépend de la durée de votre séjour. Si vous partez plus de deux semaines, venir avec sa voiture depuis Toulon ou Nice devient rentable. Pour une semaine, le vol direct reste la meilleure option. Comparez les arrivées sur Olbia, Cagliari ou Alghero : les tarifs varient du simple au double selon l'aéroport de destination et la compagnie choisie.
La meilleure période s'étend de mi-mai à fin juin, et de septembre à mi-octobre. L'eau est baignable, les routes sont fluides et les hébergements sont plus accessibles en prix. Juillet et août sont ensoleillés mais bondés : anticipez chaque réservation au minimum deux mois à l'avance, et soyez prêt à payer le prix fort.
La Sardaigne souffre de sécheresses estivales chroniques. Limitez vos douches, fermez les robinets et respectez strictement les interdictions de feux dans le maquis. Des incendies dévastateurs touchent l'île chaque été et menacent ses forêts.
Questions fréquentes : Que faire en Sardaigne ?
Quelle est la plus belle partie de la Sardaigne à visiter ?
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